Suède : pas de 5e baisse de l’impôt sur le revenu

0Toutes la presse consacre de longs développements à la décision, annoncée hier par le Premier ministre et le Ministre des Finances, de renoncer à la mise en œuvre d’une cinquième baisse de l’impôt sur le revenu, ainsi qu’à une diminution de l’impôt sur les retraites. « Il est évident que le changement de cap est dû au contexte économique, on ne peut pas décemment regarder le monde aujourd’hui et prétendre que tout va bien d’un point de vue financier et économique », a déclaré hier Fredrik Reinfeldt au cours d’une interview télévisée. « Un gouvernement raisonnable s’adapte aux signaux que le monde extérieur lui envoie. En faisant ce choix, nous décidons de consacrer davantage de moyens à des investissements nécessaires, tout en sauvegardant notre Etat-providence. « Je suis responsable de la politique du pays et, aujourd’hui, je suis le seul chef de gouvernement européen à pouvoir promettre à son peuple qu’il n’y aura pas d’augmentation des impôts ni de baisse des salaires. L’expérience de leader politique m’a appris que ces marges de sécurité sont primordiales - et peu de pays en Europe peuvent s’en offrir. "

« Avec cette décision, le gouvernement fait d’une pierre deux coups », écrivent les éditorialistes de Svenska Dagbladet et de Dagens Nyheter. « Il se pose en gestionnaire responsable (un costume qui lui réussit particulièrement bien en temps de crise) et évite une crise politique, dans la mesure où l’opposition avait les moyens, en s’associant de fait à l’extrême-droite, de faire capoter cette proposition fiscale », estime DN. « Il s’agit bien évidemment d’une décision adoptée pour des raisons politiques que l’on présente comme motivée par la crise économique », ajoute un commentateur dans le même quotidien. « La sagesse ne doit pas pour autant se transformer en passivité. La dette publique de la Suède est parfaitement soutenable, et le projet de budget doit prévoir des dépenses d’investissement », ajoute-t-il. « Si la situation économique se détériore, et que le chômage diminue moins rapidement que prévu, il faut créer, dans le budget pour 2012, les conditions permettront aux entreprises de recruter », juge Svenska Dagbladet.

Modifié le 17/08/2011

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