Suède : accord-cadre sur la politique migratoire entre les Verts et le gouvernement

Les partis de l’Alliance gouvernementale ont conclu avec les Verts un accord-cadre sur la
politique migratoire, visant à mettre en place « une politique migratoire humaine, plus équitable et
mieux organisée
 ». L’accord porte notamment sur de mesures visant à garantir un examen « équitable
des demandes d’asile », à faciliter l’immigration économique et la mobilité des travailleurs, à rendre
possible l’accès aux soins et à l’éducation aux immigrés en situation irrégulière et à leurs enfants (un
rapport doit être rendu sur ce sujet au printemps), à permettre le regroupement familial même dans le
cas de familles dont tous les membres ne possèdent pas de pièce d’identité (au moyen, le cas échéant,
de tests ADN), à défendre les aspects positifs des migrations, et à approfondir la coopération
européenne et internationale.

Le Premier ministre s’est félicité d’avoir, par la signature de cet accord, « fermer la porte aux forces
xénophobes
, qui, tant en Suède qu’à l’intérieur du Parlement, souhaitent exercer une influence sur ces
questions ». La porte-parole des Verts a souligné que « contrairement à d’autres pays, qui ont vu
l’entrée de l’extrême-droite au Parlement, la Suède ne durcissait pas sa politique migratoire, ce
qui était incroyablement important ». Pour le leader des Sverigedemokraterna, la politique d’asile
va devenir « plus extrême » : « si une personne se cache pour éviter l’expulsion, il faudrait s’assurer
que l’expulsion peut-être mise en oeuvre plutôt que de lui ouvrir les portes du système de santé.
Nous
allons continuer à évoquer les questions migratoires pour attirer l’attention sur l’immigration de
masse ».

L’accord exclut également la Gauche et le PSD, ce dernier regrettant de n’avoir pas été convié à la
table des négociations
. Son porte-parole pour les questions migratoires rappelle que les sociauxdémocrates
« sont favorables à l’immigration économique, mais veulent un système sûr, garantissant
que personne ne sera exploité ». Le président de la Gauche condamne, dans une tribune publiée dans
Aftonbladet, l’attitude des Verts, qui « laissent les Démocrates de Suède décider de la politique
migratoire. Selon lui, les Verts s’allient à « une politique inique » alors que « l’opposition aurait dû
rester unie pour lutter contre le racisme
 ».

La presse est, dans l’ensemble, favorable à l’accord. Selon Expressen, il « est, malgré son côté un
peu vague, très bien ». Dagens Nyheter (DN) salue un « accord historique » qui « désarme
l’extrême-droite », ce qui prouve que l’Alliance et les Verts « sont prêts à prendre leurs
responsabilités sur les questions importantes ».
S’il doit être considéré « davantage comme une
déclaration d’intention que comme un plan précis », le document-cadre « contient des engagements
politiques importants ». En outre, l’accord est « une victoire pour les petits partis de l’Alliance »
(Svenska Dagbladet, SvD) qui défendaient une « ligne plus humaniste que les Modérés,
notamment sur l’accès des sans-papiers aux soins » (id.).

SvD craint toutefois que le prix à payer pour « trop de gentillesse de la part des Modérés soit
élevé ». Pour le quotidien conservateur, permettre l’accès aux soins aux sans-papiers équivaut à les
encourager à vivre cachés. De plus, « si on comprend l’ambition du Premier ministre de
définitivement scinder l’opposition, il va être tenu responsable par ses électeurs de cette nouvelle
politique ».

Modifié le 04/03/2011

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