Suède : Commentaires sur la nomination d’Håkan Juholt, nouveau président des Sociaux-démocrates

Voir aussi : revue de la presse suédoise du 11 mars.

Nombreux commentaires dans la presse du week-end sur la désignation, à la tête du Parti social-démocrate, de Håkan Juholt. « En choisissant M. Juholt, la commission a préféré choisir un parfait inconnu, aux idées floues, dont on sait seulement qu’il n’est pas très enclin au changement et au renouvellement de la ligne politique du parti. A été de fait écartée la tendance plus « centriste » incarnée, notamment, par Tomas Östros, fiscalement relativement proche de l’actuel gouvernement », écrit l’éditorialiste de Dagens Nyheter. « Rien d’étonnant », estime pour sa part un politologue dans les pages « Débat » du même quotidien. « Une enquête réalisée, juste avant les législatives de septembre 2010, par Sveriges television montré qu’une écrasante majorité des candidats sociaux-démocrates ayant répondu à l’enquête penchait plutôt en faveur d’une ligne socialiste « classique ». Seule une petite minorité des sondés avait des idées plutôt libérales en matière fiscale ».

« M. Juholt est sympa. Il incarne une certaine vague rétro : il a une grosse moustache, il aime Elvis, et il regrette sa vieille machine à écrire », écrit l’analyste d’Aftonbladet. « Autant d’éléments susceptibles de plaire à tous ceux qui regrettent le bon vieux temps. Mais un discours qui risque rapidement de sentir la naphtaline, avec tous les dangers que cela implique, électoralement parlant ». « Il semble que le parti n’ait pas compris le message des électeurs qui ont, à deux reprises (en 2006 et en 2010), rejeté la social-démocratie à l’ancienne  », conclut Dagens Nyheter.

Commentant la désignation de la nouvelle secrétaire générale du parti, Carin Jämtin, Svenska Dagbladet estime qu’elle aura sûrement des difficultés à se faire entendre. « Dans sa circonscription, la commune de Stockholm, les Sociaux-démocrates n’ont obtenu que 22,6% des voix aux dernières élections. Avec quelle légitimité pourra-t-elle s’adresser aux Sociaux-démocrates de Piteå par exemple, qui ont obtenu 56,2% des voix ? ». Le journal craint que C. Jämtin ne soit considérée comme ayant bénéficié du système de quota : un homme à la tête du parti, une femme secrétaire général.

Modifié le 14/03/2011

Haut de page