Sommet de la zone euro

0Articles essentiellement factuels consacrés à la réunion, hier, d’un sommet de l’eurozone. « Sur le plan purement économique, la crise était parfaitement gérable. Le problème est politique, et il consiste essentiellement en un manque de leadership. Et tous ceux qui pourraient jouer un rôle moteur (par exemple l’Allemagne) s’y refusent », commente toutefois l’éditorialiste d’Aftonbladet. « Les leaders européens privilégient les plans à court terme et leurs intérêts nationaux, et capitulent devant les idéologies xénophobes et protectionnistes qui fleurissent un peu partout aujourd’hui ». « La Chancelière allemande risque d’apparaître, aux yeux de l’Histoire, comme celle qui aura fait retomber le poids de la dette de l’Europe du Sud sur les contribuables et petits épargnants allemands. Mais elle n’avait pas le choix : l’absence de décision aurait été synonyme de chaos, tant politique qu’économique », écrit pour sa part Svenska Dagbladet. « Les décisions qui ont été prises sont loin de répondre à toutes les angoisses », estime le commentateur de la radio suédoise : « Le fonds de stabilité aura-t-il les moyens d’aider, le cas échéant, l’Italie ou l’Espagne ? La dette grecque a, par ailleurs, certes été « allégée » de 10 %. Mais sera-ce suffisant pour permettre le redémarrage tant attendu de l’économie hellène ? ». «  La situation actuelle ne concerne en outre pas seulement les pays de la zone euro », met en garde Dagens Nyheter. « Un effet boule de neige, qui viendrait à affecter une Suède jusqu’ici préservée n’est pas à exclure. Lorsque l’incertitude règne dans la zone euro, les entreprises du continent ont tendance à réduire le volume de leurs investissements. Et ce sont alors les exportateurs suédois qui tremblent ».

Dans une interview à l’agence TT, le Ministre des Finances, Anders Borg avait, quelques heures avant l’issue du sommet, souligné la nécessité de « parvenir à des conclusions qui mettent un terme aux incertitudes  ». « La situation de l’économie mondiale n’est pas rassurante. Et le risque existe que la situation de la Suède se révèle être, dans un avenir proche, moins solide que nous le pensions ». « Etant donné les récentes difficultés, il y a quelques avantages à ne pas avoir adopté la monnaie unique », a ajouté le Ministre. « Mais, dans le même temps, il est important que la Suède puisse participer à la prise de décision. Le prix payé par les membres de l’euroland pour les dysfonctionnement du système est toutefois très élevé ».

« En tant que membre du parti libéral, je continue à croire en la nécessité de l’euro », a pour sa part déclaré, sur le site d’information en ligne Dagens Opinion, la Ministre des Affaires européennes Birgitta Ohlsson. « Nous devons nous doter d’un ensemble de règles plus claires, et coopérer davantage ensemble ». « Certains affirment que l’UEM, pour mieux fonctionner, devrait être accompagnée d’une politique financière commune. Je ne crois pas en l’efficacité de ce type d’argument », écrit pour sa part, dans son blog, le Ministre des Affaires étrangères, Carl Bildt. « Les études qui ont été réalisées mettent en évidence les bienfaits de l’euro. La monnaie unique, en assurant la stabilité monétaire et en facilitant la réalisation du marché intérieur, a favorisé la croissance des économies et le bien-être des populations ». « Il est important que les Etats viennent en aide à la Grèce. Nous le faisons, pour notre part, par l’intermédiaire du FMI. Mais les principaux efforts devront être fournis par les Grecs eux-mêmes. Ce sera dur, mais il n’y a pas d’alternative. Comme on fait son lit, on se couche, et c’est également valable en économie ».

Modifié le 22/07/2011

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