Révoltes dans le Monde arabo-musulman

Selon Expressen, « le fait que la répression la plus sanglante ait lieu en Lybie n’est pas un hasard : les Etats-Unis n’espionne pas Kadhafi et il y a peu de médias (notamment étrangers) sur place ». Aftonbladet s’interroge : « hier Bahreïn a enterré ses morts (...) mais qu’a fait l’UE ? l’autruche ! ». Le tabloïde social-démocrate estime que « la diplomatie européenne a fait un grand pas en arrière depuis le début des révolutions dans le monde arabo-musulman. (Elle) a sous-estimé les exigences de liberté et de démocratie » considère Dagens Nyheter (DN). Pour le quotidien libéral indépendant, « les contacts futurs devront être fondés sur le respect des droits de l’homme ». Après les révoltes en Afrique du Nord et l’intensification de la répression en Biélorussie, l’UE doit réévaluer sa politique de voisinage : « ses relations étroites avec les régimes de Minsk, de Tunis et du Caire montrent qu’elle se montre un peu trop compréhensive vis-à-vis des régimes autocratiques », estime DN.

Par ailleurs, les récentes révélations de la presse française sont « embarrassantes » pour toute l’UE (DN) : les « erreurs d’appréciation » attribuées à l’ancienne puissance coloniale rejaillissent sur l’ensemble de l’Europe, qui se doit dés à présent d’offrir assistance et soutien aux pays qui font route vers la démocratie. Bruxelles doit immédiatement augmenter la pression sur Kadhafi ». Selon Göteborgs Posten (GP), le séjour en Tunisie de la ministre des Affaires étrangères française est un « mélange d’ignorance, de naïveté, de realpolitik et montre la volonté de l’élite française de passer des vacances gratuitement ». C’est « d’autant plus inquiétant que, au sein de l’UE, la France, avec ses intérêts historiques, donne le ton de la politique envers de l’Afrique de Nord ».

Enfin, l’ONG Svenska Freds craint que des armes suédoises ne soient utilisées contre les manifestants, rapporte Dagens Nyheter. Selon l’Agence d’Inspection des produits stratégiques (ISP), l’Algérie, l’Arabie Saoudite, le Bahreïn, la Jordanie, les Emirats Arabes Unis, la Tunisie, le Sultanat d’Oman et le Qatar ont acheté à la Suède du matériel de guerre en 2010.
Selon les directives du Parlement, la Suède ne peut exporter d’armes à destination d’Etats qui ne respectent pas les droits de l’Homme : « une preuve d’hypocrisie de la part du gouvernement qui parle de défendre la démocratie et, dans le même temps, fournit des armes aux oppresseurs » considère l’ONG. La ministre du Commerce s’est refusée à tout commentaire. Le directeur général de l’ISP, a déclaré que le matériel exporté ne pouvait être utilisé contre la population.

Modifié le 21/02/2011

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