Politique intérieure : avenir du Parti des Verts

0« Les écologistes doivent élargir leur champ d’action et ne pas se limiter aux questions
relatives à l’environnement
 », estime en substance Mikaela Valtersson, candidate au poste de
porte-parole des Verts, dont le Congrès annuel débute aujourd’hui. « C’est à la société toute
entière que notre parti doit s’intéresser. Ce faisant, nous serons en mesure de constituer une
alternative crédible au traditionnel clivage droite-gauche. « Les Verts ont progressivement laissé
de côté leur folklore écolo un peu daté pour apparaître comme l’un des partis les plus prometteurs
du paysage politique
 », estime le commentateur de Svenska Dagbladet. « Exit donc l’opposition à
l’UE, la journée de 6 heures ou l’absence de toute notation à l’école ». Oubliée également
l’alliance à gauche : « Je ne crois pas à l’hypothèse d’une coopération organisée », déclare Mme
Valtersson dans Dagens Nyheter. « Il faut rompre avec la politique des blocs et renforcer nos
propres positions », estime sa rivale, Åsa Romson, dans le même article.

« Aujourd’hui, lorsque Gustav Fridolin (NdR : le favori pour le poste de poste de porte-parole
masculin) évoque, pour la juger « inappropriée », la question de la réduction de temps de travail,
son discours sonne comme celui d’un premier ministre social démocrate devant un congrès
syndical », poursuit un spécialiste de sciences politiques dans le même quotidien. « Lorsque ce
même Fridolin parle de politique environnementale, c’est désormais pour en faire un
instrument de la croissance économique. Que de chemin parcouru depuis l’époque, pas si
lointaine, où les Verts reprochaient au gouvernement de réduire l’écologie à sa dimension
purement économique ».

« Le danger qui guette les Verts est d’apparaître, au bout du compte, comme un parti
ordinaire, avec les mêmes préoccupations et sensiblement les mêmes valeurs
. Et donc de
laisser sur le bord de la route le cœur de son électorat ». « Un parti vert avec des ambitions
gouvernementales doit avoir réponse à tout : environnement bien sûr, mais aussi emploi, impôts,
etc. », souligne l’éditorialiste d’Aftonbladet. « Au risque de se banaliser ».

Modifié le 20/05/2011

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