Pas de potion magique contre les déficits publics [sv]

0L’éditorial de Peter Wolodarski (DN, 2012-12-12) donne l’impression que la France s’est lancée dans une fiscalité punitive des revenus, selon le modèle suédois des années 70. La réalité est un peu différente : la surtaxe décidée par le parlement français sur les revenus les plus élevés ne s’appliquera que pendant deux ans. Elle ne concerne que la fraction des revenus salariaux se situant au dessus d’un seuil très élevé : 1 million d’Euros par an, soit 9 millions de couronnes suédoises.

Pourquoi cette mesure ? Parce que la France n’est pas le village gaulois d’Astérix et Obélix, replié sur lui-même derrière ses clôtures en bois. Elle doit renforcer l’efficacité de son économie dans un monde globalisé. Pour cela, elle a lancé un plan en faveur de la compétitivité comprenant un allègement du coût de l’emploi industriel. Elle doit aussi réduire son déficit public. Or, il n’y a pas de potion magique - comme dans Astérix - pour la réduction des déficits ; la seule solution est de diminuer les dépenses et d’augmenter les impôts. C’est ce que nous faisons.

La surtaxe sur les revenus les plus élevés n’est qu’une partie minime d ’un effort important demandé aux français. Elle ne touchera - de manière temporaire, il faut le souligner - qu’un nombre très réduit de personnes, environ 1500. Mais elle a une valeur symbolique forte : lorsque des efforts doivent être fait pour redresser le pays, ces efforts doivent être répartis de manière juste, et ceux qui peuvent davantage y contribuer doivent le faire. L’immense majorité des Français le comprend et l’accepte, y compris de nombreux artistes aux revenus tout aussi importants que ceux de l’acteur d’Obélix .

Jean-Pierre Lacroix
Ambassadeur de France en Suède

Modifié le 21/10/2016

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