Libye : déclarations de Carl Bildt

« Bildt : aussi lâche que stupide », titre l’éditorial d’Aftonbladet à propos des déclarations, avant-hier, du Ministre suédois des Affaires étrangères (« Les événements ont leur propre dynamique. Il ne s’agit pas de prendre parti pour l’un ou l’autre camp, mais de tenter de stabiliser la situation  ») « Lorsque les Etats-Unis, l’UE et – honte suprême – la Suède, refusent de défendre la démocratie, ils trahissent tous ceux qui, en Afrique du Nord et au Moyen Orient, se battent pour la Démocratie ». Une valeur dont Carl Bildt est « le fossoyeur », estime pour sa part Expressen : « Pour lui, les principes et la décence ont moins de poids que les parts qu’il possède dans Lundin Oil. Il est honteux qu’un tel personnage occupe le poste de Ministre des Affaires étrangères ».

Dans une interview accordée hier soir à la télévision suédoise, Carl Bildt a justifié sa déclaration : « Il s’agissait de prendre position contre la violence et pour la liberté, et pas pour ou contre tel ou tel individu dans ce contexte bien particulier. Du côté de l’UE, nous avons clairement pris position en faveur du respect des principes et contre l’usage de la violence. Ce qui est important, c’est de condamner fermement la répression et la violence. Ce que j’ai dit, c’est que la démocratie, c’est la stabilité : sans démocratie dans cette partie du monde, pas de stabilité (…). En ce moment nous avons deux priorités : l’arrêt des violences et le rapatriement de nos concitoyens. La situation est devenue trop dangereuse pour eux ». Interrogé sur l’hypothèse d’une démission de M. Kadhafi, le chef de la diplomatie suédoise a répondu : "Aucun dictateur n’est légitime. Mais il y en a malheureusement trop. J’espère les pays arabes feront de plus en plus le choix de la démocratie représentative ».

Désirée Pethrus, porte-parole des Chrétiens démocrates pour les questions de politique étrangère (et membre de l’Alliance gouvernementale), estime pour sa part que « stabilité et régime démocratique vont de pair ». Elle exige une « prise de position claire en ce qui concernes les demandes du peuple libyen en faveur de davantage de démocratie ». Deux manifestations ont par ailleurs eu lieu hier devant le Ministère des affaires étrangères, rapporte le Svenska Dagbladet : des Libyens en exil exigeaient la démission de Kadhafi, tandis qu’un groupe de Suédois « sans étiquette politique » réclamait celle de Carl Bildt.

Modifié le 23/02/2011

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