Libye : accord gouvernement/opposition sur l’intervention suédoise

0L’ensemble des quotidiens rend compte de la conférence de presse au cours de laquelle Carl Bildt, Urban Ahlin (porte-parole social-démocrate pour les questions de politique étrangère) et Åsa Romson (porte-parole des Verts) ont annoncé l’accord conclu, hier, entre l’Alliance gouvernementale et les deux principales formations de l’opposition (La Gauche et les Sverige Demokraterna n’avait pas été invités à participer aux discussions) concernant l’avenir de la mission suédoise en Libye : prolongation de trois mois, fin de la participation à la mise en œuvre de la zone d’exclusion aérienne au profit d’une mission de « renseignement », dont seront désormais chargés 5 (et non plus 8) avions Gripen. « C’est dans ce domaine que nos compétences pourront réellement être utiles », a indiqué le Ministre suédois des Affaires étrangères. « A ces aéronefs viendront s’ajouter une dizaine de soldats spécialisés dans l’abordage des navires, notamment ceux suspectés de se livrer à divers trafics », écrit Dagens Nyheter. « Ils opéreront à partir de bâtiments étrangers, vraisemblablement britanniques ». « A parallèlement été décidée une augmentation de l’aide humanitaire en faveur de la Libye ».

« Il est particulièrement regrettable que la Suède soit obligée de retirer 3 des appareils qu’elle avait mis à disposition de l’OTAN, tout ceci pour permettre à M. Juholt de sauver la face », a déclaré à Expressen le Vice-Premier Ministre (et chef du Parti libéral) Jan Björklund. « Il était essentiel de parvenir à un compromis aussi large que possible sur un sujet aussi important. A ce titre, le leader social-démocrate s’est bien sorti de sa première crise internationale. Mais il aurait pu l’éviter dés le départ, en s’abstenant d’évoquer, comme il l’avait fait le 1 er mai, un retrait pur et simple des troupes suédoises », estime l’éditorialiste d’Aftonbladet. « Tout ça pour ça », commente en substance son confrère de Dagens Nyheter : « Nos avions vont désormais faire du renseignement. Mais que faisaient-ils d’autre jusqu’à présent, puisqu’ils n’avaient pas la possibilité de frapper des cibles au sol ? Le changement est donc bien mince. La vérité, c’est que Juholt s’était, avec ses déclarations intempestives, mis dans une situation délicate. Et il fallait bien lui donner la possibilité d’en sortir sans trop de dégâts ». « L’OTAN aurait-elle préféré garder les 8 Gripen, ou est-elle ravie de compter sur l’appui de 20 marins suédois embarqués à bord d’un navire anglais ? », s’interroge Expressen. « La réponse est évidente, mais l’Organisation est bien trop polie pour nous le dire en face. Nos politiques, en revanche, la perdent un peu plus, la face, en faisant prévaloir leurs petits intérêts sur le destin du peuple libyen ».

Modifié le 09/06/2011

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