La presse commente les évènements en Libye et l’attitude de l’EU

Le ministre des affaires étrangères suédois, Carl Bildt a déclaré hier à Dagens Nyheter avant le début du Conseil Affaires étrangères que « la situation en Lybie pouvait difficilement être influencée par les actions du monde extérieur » : « Les événements ont leur propre dynamique. Il ne s’agit pas de prendre parti pour l’un ou l’autre camp, mais de tenter de stabiliser la situation ». «  Je ne sais pas si l’UE doit rompre les accords qu’elle a conclus avec la Lybie  », a ajouté le Ministre. Dans Expressen, le porte-parole « politique étrangère » du parti de la Gauche, M. Hans Linde, critique « l »absence de prise de position » du chef de la diplomatie suédoise : « Il a agi ainsi après chacun des révolutions en Afrique du Nord auxquelles nous avons pu assister ces derniers mois. Ce n’est qu’après la victoire du peuple qu’il se montre enfin prêt à le soutenir ».

Les ministres européens des Affaires étrangères sont, pour leur part, « divisés » sur la façon de traiter Mouammar Kadhafi et son régime, rapporte le correspondant de Svenska Dagbladet à Bruxelles. « Il semble que beaucoup de pays européens, Italie en tête, aient des intérêts en Libye : le géant britannique du pétrole BP se prépare à faire des tests de forage dans le désert libyen et la France a conclu en 2007 un accord pour la construction de trois centrales nucléaires. « Il s’agit de ne pas trop prendre parti en faveur du mouvement anti-Kadhafi, afin de ne pas envenimer une situation déjà complexe », aurait pour sa part indiqué le Ministre tchèque. Une porte-parole du commissaire responsable des migrations, Cecilia Malmström, n’a pas confirmé la rumeur selon laquelle 750 000 personnes tenteraient actuellement de quitter la Lybie.

« La voix de l’UE semblait donc hier plutôt enrouée », écrit Expressen « Chaque nouvelle révolte dans le monde arabe égratigne un peu plus l’armure du chevalier blanc de la démocratie que l’UE a toujours souhaité revêtir, pour laisser apparaître la cote de mailles de la Realpolitik : les intérêts d’abord, les principes éventuellement ». « Le commerce suédois avec la Libye a plus que doublé en dix ans (..) Money talks… ».

« Il faut que l’UE condamne le régime et se livre à un examen de conscience » estime le Dagens Nyheter : « L’Europe devrait tout naturellement condamner fermement un dictateur qui fait tirer sur son propre peuple. Quant aux accords de réadmission signés avec tripoli, était-il vraiment opportun de confier, de surcroît sans aucun contrôle efficace, la police des frontières à Kadhafi ? ». « Les événements qui secouent la Lybie doivent être vus comme un espoir, non comme une menace », conclut l’éditorialiste de Svenska Dagbladet.

A noter enfin, selon l’agence de presse suédoise TT : trois diplomates à l’Ambassade de Libye en Suède ont démissionné pour protester contre la violence à laquelle le régime de Kadhafi a eu recours.

Modifié le 22/02/2011

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