L’extrême droite et la gauche réunis infligent une défaite au gouvernement

L’ensemble des quotidiens titre sur le « revers » subi hier par la majorité de droite, après qu’une coalition de facto Rouges-Verts (Parti social-démocrate + Verts + La Gauche) + Sverige Demokraterna a rejeté hier au Riksdag deux projets de loi gouvernementaux : l’un sur la vente partielle d’entreprises publiques, l’autre transposant la directive européenne sur le stockage des données. « La loi de privatisation a été repoussée à deux voix de majorité près », indique Dagens Nyheter. « Nous sommes déçus, c’est sûr », a déclaré un député modéré. « Mais tout n’est pas perdu. Les députés sont toujours susceptibles, à terme, de reconsidérer leur position. Les Verts ne me semblent pas très éloignés de nos positions ». « Le gouvernement n’a pour l’instant pas fait la preuve de sa volonté de négocier. La balle est désormais dans son camp. », a estimé la porte-parole des Verts, Maria Wetterstrand.

« Un rejet qui coûte cher au gouvernement, surtout en terme de prestige », écrit Svenska Dagbladet, « mais qui touche aussi au portefeuille », précise Dagens Nyheter. « L’Etat espérait bien retirer quelques 100 millions de SEK de la vente de ses parts dans SBAB, Telia Sonera, Posten Norden et Vattenfall. », poursuit la journaliste. « Quant à la non-transposition de la directive, elle risque de nous coûter une amende due 150 millions de SEK  ».

« En revanche, la motion de l’opposition visant à rejeter une loi prévoyant la fermeture de plusieurs tribunaux de Première instance n’a pas été adoptée. Les rouge-verts et les Sverige Demokraterna étaient pourtant d’accord pour repousser le texte, mais deux députés sociaux-démocrates ont, au moment du vote, appuyé sur le mauvais bouton. « C’est vraiment contrariant. J’aurais dû me concentrer davantage », a déclaré l’une d’entre elles.

« C’est ce qui rend ce genre de vote toujours intéressant à suivre. Même si l’extrême-droite et l’opposition de gauche ont annoncé, à l’avance, leur intention de voter contre le projet du gouvernement, il se peut toujours qu’un député vert ou social-démocrate se trouve aux toilettes au moment du scrutin, ou bien fasse une fausse manip », explique le commentateur de Dagens Nyheter. « Eh bien oui, c’est comme ça. Lorsque le gouvernement est minoritaire, il ne peut pas toujours imposer sa volonté. C’est parfois l’opposition qui dirige. Voire même, dans certains cas, le hasard », écrit l’éditorialiste d’Aftonbladet. « Mais après tout, il n’est nulle part écrit dans la constitution que c’est au gouvernement que revient la tâche de diriger le pays ».

Modifié le 17/03/2011

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