Francophonie : concours de fiches pédagogiques

0L’Association des Professeurs de français de Suède (FLF) avait été invitée par la Fédération internationale des Professeurs de français à organiser un concours permettant de mettre en valeur et de récompenser les pratiques pédagogiques novatrices des professeurs de français en Suède.

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[argent]Les lauréats du concours.[/argent]
0La remise des prix s’est déroulée dans les locaux de l’Institut français de Stockholm, partenaire du projet. La cérémonie, pédagogique et festive à la fois, a permis au public de découvrir un conte africain, en français et en suédois, Sovinte (en suédois « Ne dors pas »), interprété par son auteur Alain Samba, musicien d’origine congolaise, saxophoniste et percussionniste, et d’accompagner la conférencière Anne-Marie Pauleau, ancienne attachée de coopération éducative, vice-présidente de l’Association de Didactique du français langue étrangère (ASDIFLE), dans la découverte de la culture basque.

Encourager l’innovation pédagogique

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[argent]Logo de l’Association des Professeurs de français de Suède.[/argent]

Trois questions ont été posées à Françoise Sule, présidente de FLF, à propos du concours de fiches pédagogiques :

  • Quel était l’objectif du concours de fiches pédagogiques ?

0Françoise Sule : Il s’agissait d’encourager l’innovation pédagogique en classe de français. Les professeurs de lycées suédois enseignent deux matières et n’ont pas toujours les outils adéquats pour enseigner le français, faute de temps notamment. Nous visions, en attribuant ces prix, saluer ceux qui s’inscrivent dans cette démarche de partage de leur expérience pédagogique avec les autres professeurs. Une dizaine de contributions, en provenance de toute la Suède, nous sont parvenues, envoyées par des jeunes enseignants de français actifs et innovants. Nous en sommes heureux car c’est l’objectif que nous nous étions donné avec le service linguistique de l’ambassade de France.

  • Quel était le thème des contributions qui ont été envoyées ?

0F. S. : Les contributions ont porté sur l’utilisation de la musique en classe de français et plus particulièrement le rap. Il y avait là une résonance évidente avec le concours de la francophonie destiné aux élèves et cette remise des prix, d’ailleurs s’inscrivait dans la "Quinzaine de la Francophonie". Nous remercions la FIPF de nous avoir soutenu pour les prix à remettre, cette remise des prix était d’autant plus opportune que le système éducatif suédois est en train d’être réformé et que le gouvernement accorde une importance sensible à la formation des professeurs.

Les fiches pédagogiques portaient sur des niveaux de langue que l’on trouve dans la plupart des lycées suédois, à savoir, plus spécifiquement le niveau A2. Nous avons de plus en plus d’élèves débutants en Suède ; ce qui implique de pouvoir recourir à des fiches pédagogiques adaptées ; or les ressources proposées par TV5 Monde touchent surtout les niveaux A2 et B1. Pour répondre à notre souci de fidéliser les élèves dès le niveau A1, nous devons justement pouvoir recourir à des pratiques innovantes ; privilégier la musique est utile pour aider les élèves à s’exprimer avec peu de mots.

  • Percevez-vous un intérêt réel pour la francophonie en Suède ?

0F. S. : On constate un intérêt grandissant pour la langue française en Suède. Nous sortons d’une période de reflux et discernons chez les étudiants un désir de mobilité. Les étudiants choisissent le français non pas par goût de l’exotisme, mais pour aller étudier ou travailler en France. D’autres choisissent des pays francophones (Canada, Sénégal, Belgique…). La littérature francophone est un thème souvent choisi par les étudiants au niveau des mémoires avancés.

Pour la nouvelle génération suédoise férue des médias sociaux, la francophonie signifie quelque chose. Nous soulignons le rôle joué par la musique, les arts et par les rencontres culturelles ; les manifestations évènementielles francophones sont nombreuses que l’on peut citer : Kultursupermarket 2011 avec les photographes du Mali, Foire du livre de Göteborg, Festival du film français... Les élèves apprécient en particulier les projets pédagogiques novateurs comme Babouche. Dans ce projet portant le nom de son bateau, Éric André effectue des voyages écologiques mais accueille aussi à bord du Babouche des élèves.

La Suède est un pays multilingue, la francophonie y progresse, ce qui est réjouissant pour l’avenir. Soutenir et encourager la créativité de ceux qui enseignent le français s’impose et s’avère possible dans une action conjointe avec le FIPF, l’Institut français, et le FLF.

Propos recueillis par Christophe Premat, attaché de coopération pour le français, sous-directeur de l’Institut français de Stockholm.

Source : latitudefrance.org

Modifié le 16/05/2011

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