Extraits du discours de Manuel Valls en conseil des ministres sur le projet européen (6 mai 2015) [sv]

Le premier ministre français, M. Manuel Valls, a rappelé lors d’un discours le mardi 6 mai 2015, que le projet européen porté par la France s’articulait autour de trois points : une Europe de la croissance, une Europe qui protège, une Europe qui assume ses intérêts et ses valeurs.

1.Une Europe de la croissance

L’Europe de la croissance que nous construisons repose – comme nous le demandions – sur trois piliers :

Le premier pilier, c’est la relance de l’investissement. […]

Le deuxième pilier, c’est celui de la consolidation budgétaire. Redresser nos finances publiques pour maintenir la qualité de la signature française sur les marchés est indispensable ; sinon, il n’y a plus de souveraineté possible. […]

Le troisième pilier, ce sont les réformes structurelles : elles sont essentielles pour rendre l’économie plus compétitive et plus agile. […]

Nous devons désormais réfléchir à un véritable pilotage de nos politiques économiques au niveau de la zone euro. Cette vision d’ensemble est nécessaire pour mieux encourager la croissance et l’emploi.

Mesdames et messieurs les ministres, j’en suis intimement convaincu : relancer la croissance, et donc l’emploi, c’est la condition pour que les citoyens croient de nouveau à l’Europe.

Et pour redonner espoir, l’Europe doit aussi être à l’avant-garde dans le domaine de la transition énergétique. Nous devons mieux prendre en compte la lutte contre le réchauffement climatique dans notre modèle de développement. Et l’Europe doit parler d’une seule voix lors de la conférence Paris Climat 2015 : c’est la condition pour parvenir à un accord mondial ambitieux. C’est un projet fédérateur, un moteur de la croissance – et un enjeu pour la planète. […]

2.Une Europe qui protège

La menace terroriste est plus élevée que jamais, et l’Europe doit s’unir pour faire front. C’est pourquoi il est impératif de créer un registre de données sur les passagers de transport aérien, qui permettra aux services de mieux identifier les terroristes potentiels – c’est ce qu’on appelle le Passenger Name Record européen. […]

Nous devons ensuite poursuivre la création d’une Europe de la défense. L’articulation entre sécurité intérieure et sécurité extérieure n’est plus à démontrer : lorsque la France intervient au Sahel, elle lutte contre le développement du terrorisme, et donc au service de tous les Européens. Notre pays a toujours assumé ses responsabilités et il continue de le faire – mais il ne peut pas le faire seul. […]

Nous devons, enfin, imaginer une politique migratoire ambitieuse. C’est urgent ! Le nombre de migrants ne cesse de croître en Méditerranée ; et l’Union doit apporter une réponse forte. Le Conseil européen du 23 avril a apporté de premiers éléments en triplant les moyens alloués aux opérations FRONTEX en Méditerranée. […] Nous devons aller plus loin en réfléchissant là aussi à une politique européenne d’ensemble – nous n’y sommes pas encore. Cela implique de traiter les causes profondes des migrations. […]

3.Une Europe qui assume ses intérêts et ses valeurs

L’Europe n’est pas un simple marché. Elle est aussi, et même d’abord, une communauté de valeurs. Malgré leurs différences, les Européens ont l’essentiel en partage : liberté, pluralisme, tolérance, égalité femmes-hommes, rôle de la culture, normes sociales, dignité humaine – l’Europe est le seul endroit au monde qui ait totalement aboli la peine de mort ; l’actualité nous rappelle que ce n’est pas un acquis mais un combat que nous devons continuer à mener. […]

Les négociations commerciales doivent […] être menées dans un esprit d’ouverture, de réciprocité et de respect des règles. L’Europe, souvent vue par nos citoyens comme celle qui désarme face au reste du monde, doit au contraire assumer ses intérêts offensifs : je pense notamment à notre demande d’ouverture des marchés publics et à la négociation du partenariat transatlantique.

Et pour être crédible sur la scène internationale, l’Europe doit d’abord assurer le respect de ces valeurs sur son propre territoire. Le marché intérieur et les règles de libre circulation des travailleurs doivent respecter les principes d’une concurrence équitable. Cela implique notamment de lutter contre toute forme de dumping social et fiscal – ces pratiques déloyales qui mettent en péril les entreprises et précarisent les salariés. […]

Modifié le 13/05/2015

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