Drames en Norvège:portrait du suspect principal

Editoriaux

L’essentiel de la presse suédoise est consacré aux attaques en Norvège. « Des attentats contre la démocratie » titre Dagens Industri tandis que Dagens Nyheter (DN) et Svenska Dagbladet (SvD) s’associent « à la peine de [leur] plus proche voisin ». DN souligne que « la Norvège est toujours sortie grandie des épreuves les plus difficiles ». Et d’espérer qu’elle montre sa force une nouvelle fois ».

Le tabloïd social-démocrate Aftonbladet appelle à « ne pas capituler devant l’extrémisme et à poursuivre la lutte contre les idéologies qui en découlent  ». Selon DN, « il ne fait aucun doute que les attaques terroristes de vendredi visaient la démocratie et la société d’ouverture ». Ces « attaques ne sont pas nouvelles, même en Scandinavie, il est désormais plus que souhaitable que la démocratie ne plie pas, que la société d’ouverture défende ses valeurs ». Pour cela, poursuit le quotidien, « il est nécessaire que les sociétés démocratiques ne se replient pas sur elles-mêmes et ne cèdent pas à l’apathie et au silence. Les citoyens ne doivent pas avoir peur. Argumenter en faveur de la transparence, de l’ouverture, de la tolérance et de la liberté, contre les menaces et la xénophobie constituent des moyens efficaces de lutte contre l’extrémisme ». Les dirigeants politiques « ne doivent pas se laisser provoquer : les ennemis de l’ouverture peuvent tuer des hommes et détruire des bâtiments mais ils ne peuvent pas atteindre le cœur de la démocratie. La lutte contre le terrorisme, sous toutes ses formes, doit continuer  » conclut Dagens Nyheter.

En outre, les médias déplorent que la société occidentale se soit « trop focalisée sur la menace islamiste » (DN) alors que les attaques nous rappellent est que c’est l’extrémisme et non pas l’étranger qui menace les sociétés occidentales (Göteborgsposten, GP). Dans ce contexte, l’un des rôles de la presse est de « réfléchir aux conséquences de conclusion titrées trop hâtivement » rappelle DN.

Enfin, « il faut prendre Internet plus au sérieux et ne pas tolérer que la haine de certains groupes puisse s’y propager » estime GP, qui réclame un contrôle plus sévère des sites extrémistes. « Les mots sont l’engrais de la violence » renchérit Dagens Nyheter : si « Breivik est personnellement responsable de ses actes, son discours et son action ont trouvé leur terreau auprès de groupes extrémistes et notamment sur leurs sites Internet, qu’il est nécessaire de surveiller ». Le principal suspect est le « produit d’un environnement politique favorable à l’extrême-droite » estime pour sa part Aftonbladet, insistant sur le fait qu’il existe une communauté de personnes qui pensent comme lui. « Il n’est donc pas un loup solitaire ». Selon le tabloïd libéral Expressen, il est d’ailleurs « l’un des nôtres (...), le dépeindre comme un fou nous permet de nous déresponsabiliser, de rejeter l’idée qu’un membre de la société puisse faire quelque chose d’aussi mal car l’être humain ne peut accepter qu’un des siens ait accompli un tel geste ».

Modifié le 25/07/2011

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