Drames en Norvège : éditoriaux

Après l’émotion des cérémonies d’hier, l’heure est déjà à l’analyse pour DN  : comment qualifier Anders Behring Breivik ? Fou, terroriste  ? Pour le journal, "terroriste est le bon mot", car si on qualifie quelqu’un de terroriste (les islamistes) mais qu’ensuite on estampille celui-ci "fou", cela signifie que les idéologies racistes antimusulmanes n’ont pas la même force, que c’est moins grave." De fait, écrit un commentateur, on fait "une différence de traitement" pour Behring Breivik : "déjà les médias parlent de son enfance difficile - malmené à l’école, papa absent - on ne l’excuse pas, mais on essaye de comprendre, parce qu’il s’agit de " l’un des nôtres" "dit-elle. Une explication ? : « Il y a beaucoup de gens qui gagnent à ce qu’on présente Anders Behring Breivik comme un fou isolé : ceux qui partagent ses théories sur une conspiration islamiste, notamment dans les gouvernements et parlements un peu partout en Europe. : Danemark, Hollande, France, etc." Pour la journaliste, "Il faut maintenant que les politiques antimusulmans prennent la responsabilité de leurs idéologies séditieuses et provocatrices".

« Nous n’avons pas fait attention » déplore Aftonbladet : « nous avons fermé les yeux et laissé l’extrémisme politique nourrir, par ses discours, l’extrémisme militant ». La presse estime ainsi que « les Sverigedemokraterna portent une responsabilité dans l’existence d’un environnement haineux face à l’étranger. En outre, leur conception du monde est proche de celle de Breivik même s’ils n’appellent pas à la violence » (Expressen). Selon Dagens Industri (DI), « l’idée selon laquelle les pays nordiques sont menacés par d’autres cultures est d’ailleurs tout à fait partagée par des partis d’extrême-droite comme les Sverigedemokraterna ». C’est pourquoi les parti démocratiques doivent « relever un nouveau défi : protéger la société d’ouverture  » (DI) et combattre « l’idéologie rampante selon laquelle les musulmans préparent minutieusement une conquête de l’Europe » (Aftonbladet).



Dagens Nyheter (DN) et SvD s’interrogent sur l’opportunité d’ouvrir au public le procès de Breivik. Selon DN, c’est « une mauvaise idée, car de la salle d’audience, il voudra continuer à diriger les événements et à répandre son message tordu  ». SvD, pour sa part, estime que « créer une exception au principe d’ouverture lui donnerait au contraire raison  », et qu’il faut au contraire que le procès soit public.

Modifié le 26/07/2011

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