Ouverture du séminaire franco-suédois au parlement suédois sur la prévention de la radicalisation (6 avril 2016) [sv]

"Mesdames et Messieurs les Députés, Mesdames et Messieurs, Chers amis,

L’idée ce cette rencontre avait germé bien avant les tragiques attentats de Bruxelles. Mais ceux-ci ont confirmé, si besoin était, combien la coopération en Europe était plus nécessaire que jamais, à quel point il était prioritaire de la renforcer, y compris entre la Suède et la France.

Je voudrais donc remercier tout d’abord le Riksdag, et plus particulièrement les Députés Roger Haddad et Hans Ekström, pour avoir rendu possible la tenue de ce séminaire.

Je remercie également les personnalités, françaises et suédoises, qui ont accepté d’y participer pour nous apporter leur expérience et leur éclairage : la ministre de la culture et de la démocratie, qui nous rejoindra un peu plus tard, et Thomas Gustaffson, de la municipalité d’Örebro, pour l’expérience suédoise, et les trois intervenants français qui ont spécialement fait le voyage de Stockholm pour présenter quelques-uns des principaux éléments de notre politique de lutte contre la radicalisation :

- le député Sébastien Pietrasanta est actuellement rapporteur de la commission d’enquête sur les attentats de Paris. Il est aussi l’auteur du rapport remis au ministre de l’intérieur en juillet 2015 sur la déradicalisation comme outil de lutte contre le terrorisme. Enfin, il a été en 2014 le rapporteur du projet de loi renforçant la lutte contre le terrorisme ;

- le préfet Pierre N’Gahane est, depuis 2014, le secrétaire général du comité interministériel de lutte contre la délinquance, l’organe qui compte au nombre de ses missions la mise en place de la partie prévention du plan de lutte contre la radicalisation ;

- Françoise Pétreault, enfin, est en charge de la vie scolaire, des établissements et des actions socio-éducatives au ministère de l’éducation nationale, et s’occupe à ce titre du développement de la démocratie et de la prévention des phénomènes sectaires à l’école.

Le djihadisme fait peser sur l’Europe une menace sans précédent, près de 2500 victimes du terrorisme sur le seul sol européen depuis 2001, si l’on compte les blessés. Autant de raisons de poursuivre la lutte sur tous les fronts, en matière de protection des populations, de sanction, mais aussi bien sûr de prévention, c’est celle-ci qui fait plus particulièrement l’objet de ce séminaire. Pour que demain, il n’y ait pas un nouveau 21 mars ou un nouveau 13 novembre dans d’autres villes européennes, ou ailleurs.

Les terroristes qui sont à l’origine de ces actes odieux sont pour la plupart originaires d’Europe. Ils sont nés dans nos pays, ont été accueillis dans nos écoles, puis ils ont renié les valeurs démocratiques chères à l’Europe et ils les ont attaquées. La radicalisation est un mal issu de l’intérieur ce qui la rend d’autant plus difficile à combattre. 500 Français ont été, ou sont, au Moyen-Orient aux côtés de Daech, et participent à cette guerre contre leur propre pays. La Suède, elle aussi, fait face au problème des combattants étrangers.

En septembre dernier, le premier ministre Manuel Valls avait mis ce thème au programme de sa visite en Suède et avait participé à une table ronde en présence du ministre de l’intérieur Anders Ygeman et de Mona Sahlin, la coordinatrice pour la Suède de la prévention de l’extrémisme violent. Il avait été question de la place de la société civile, et notamment des autorités religieuses, dans la lutte contre la radicalisation.

A l’issue de cette visite, dans leur déclaration conjointe, les chefs de gouvernement de nos deux pays ont retenu la lutte contre le terrorisme au nombre des six axes de coopération franco-suédoise à développer. Avec la conviction que la prévention de l’extrémisme pouvait être rendue plus efficaces par un dialogue et un échange de bonnes pratiques entre nos deux pays.

Dans ce cadre, Catharina Espmark, secrétaire d’Etat à la Justice, et Mona Sahlin, se sont rendues à Paris en janvier ; elles y ont notamment rencontré la ministre française de la justice, et ont participé avec le ministre de la ville, de la jeunesse et des sports, à une table ronde présentant l’expérience de la ville de Sarcelles en matière de prévention, et notamment de formation des professionnels de terrain.

Mi-février, un groupe de quatre journalistes suédois a effectué une visite d’étude en France, afin d’observer nos méthodes de lutte contre la radicalisation. Plusieurs articles sont parus dans la presse suédoise à la suite de ce déplacement, qui attestent de l’intérêt suscité par le partage d’expériences.

Répondant à l’invitation de Mona Sahlin et son équipe, j’ai moi-même présenté le dispositif français de lutte contre la radicalisation lors d’un atelier de travail à Stockholm le 23 février.

Et puis, il y a la solidarité concrète. Après les attaques de Novembre, la France a pu compter sur la Suède et sur son soutien militaire dans le cadre de l’activation de la clause de solidarité de l’article 42.7 du traité de l’Union européenne.

Ce séminaire, ici, au Riksdag, est une nouvelle étape. Il va permettre de renforcer encore nos échanges, et d’améliorer notre connaissance de ces phénomènes. Il va surtout permettre une mise en commun de nos méthodes pour stopper leur progression.

Car les initiatives sont nombreuses, que ce soit au niveau local ou au niveau national, en Suède ou en France, pour prévenir la radicalisation. Mais je vais maintenant laisser la parole aux intervenants pour vous présenter ces projets qui, je l’espère, rendront notre lutte commune plus efficace encore.

Je vous remercie et vous souhaite un bon séminaire."

Modifié le 12/09/2016

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