Dernières nouvelles de Libye

« Alors que le monde entier condamne le dictateur libyen, seul Carl Bildt refuse obstinément de parler franchement » déplore Expressen, qui a rencontré le ministre des Affaires étrangères, actuellement en visite en Israël et dans les territoires palestiniens. « En tant que ministre des Affaires étrangères suédois, mon travail consiste à rapatrier les Suédois. Un certain nombre d’entre eux se trouve encore dans les zones contrôlées par Kadhafi. Nous sommes extrêmement impatients de les savoir en sécurité. J’ai la responsabilité de la vie des citoyens suédois. Je préfère être critiqué pour être un peu trop prudent plutôt que d’être accusé de négligence ». A la question : Si N. Sarkozy, qui a beaucoup de compatriotes en Libye, peut exiger le retrait de Kadhafi, pourquoi pas vous ?, le chef de la diplomatie suédoise a répondu : « Je pourrais faire ça, mais je pense que l’impact serait à peu près nul. En ce moment, je me concentre sur le rapatriement des ressortissants suédois. Ce que nous pensons de Kadhafi, je crois que tout le monde le sait ».

"Nous sommes aux côtés du peuple libyen. Je rappelle à cet égard que nous n’avons entretenu aucune relation [avec Kadhafi] pour la simple raison que nous étions conscients de la nature de son régime. D’autres pays ont eu des attitudes un peu différentes". Dans ce contexte, Carl Bildt considère que la Suède « a la confiance des Libyens. [Il] le sait après sa visite en Egypte, "où nous étions les premiers sur place pour discuter de la reconstruction avec les forces démocratiques ".

Un avion suédois se trouve actuellement à Malte afin d’évacuer les Suédois et les occidentaux qui le souhaitent. Selon Aftonbladet, les derniers Suédois désirant quitter la Libye sont au nombre de dix. En outre, dans l’hypothèse où les sanctions resteraient sans effet, 1600 soldats suédois sont prêts à être envoyés en Libye, rapporte Aftonbladet. Le chef de Nordic Battle Group confirme que la force pourrait partir d’ici dix jours si l’UE le décide.

Enfin, Jan Eliasson, ancien ministre des Affaires étrangères et ex-président de l’Assemblée générale des Nations unies, déplore dans les colonnes de Dagens Nyheter (DN) que l’UE, Suède comprise, n’ait pas clairement défendu ses valeurs et ses intérêts au cours de ces dernières semaines. « Cette passivité et la priorité accordée au maintien de la stabilité au détriment de la défense des droits de l’Homme participe à une stratégie de court terme ». Ainsi, « après quelques convulsions, une nouvelle génération de dirigeants va apparaître en Afrique du Nord et au Moyen-Orient et se demandera : "où était l’Europe ? que déclaraient les dirigeants européens au cours de notre lutte pour la liberté ?" ». « Il faut saisir l’occasion historique qui se présente » estime M. Eliasson, qui exige la définition d’une nouvelle stratégie européenne.

Modifié le 01/03/2011

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