Débat en Suède sur le nucléaire après les évènements au Japon

En Suède, c’est l’Autorité de radioprotection, SSM, (Strålskyddsmyndigheten), responsable des questions touchant à la sûreté nucléaire, qui suit l’évolution de la situation sur place. Selon un expert nucléaire suédois, interrogé par Aftonbladet, Fukushima « est potentiellement aussi dangereux que Tchernobyl. Selon lui, l’accident devrait être classé au niveau 7 sur l’échelle Ines (de 0 à 7), et non au niveau 4, chiffre communiqué par les autorités japonaises ». « Une sous-évaluation motivée par des considérations purement économiques  », estime l’expert, qui a, pendant un an, travaillé pour l’AIEA.

«  Le débat sur le nucléaire est relancé », estime Aftonbladet : « Est-on prêt à assumer toutes les conséquences du recours au nucléaire ? Le gouvernement a, en choisissant le maintien du nucléaire en Suède au détriment de sources d’énergie renouvelables, a commis une erreur ». « Quelle alternative au nucléaire ? « , s’interroge SvD. « Le charbon ? Encore plus de pétrole ? Autant de combustibles polluants qui, eux aussi, tuent ». Si le débat sur la place du nucléaire et la sécurité des centrales, ainsi que sur le recours aux énergies renouvelables, doit avoir lieu, estime en substance l’éditorialiste de SvD, il doit être « serein ». « Nos centrales n’ont pas été construites dans des régions à risque sismique. Et nous ne pouvons pas, pour l’instant en tous cas, nous passer du nucléaire ».

« Toute production d’énergie a des conséquences sur l’environnement. Au Japon, on a construit des centrales nucléaires pour diminuer le recours aux énergies fossiles polluantes », a déclaré hier, à la télévision, le Premier ministre Fredrik Reinfeldt. Plutôt que d’un débat pour ou contre le recours au nucléaire, « nous devons nous concentrer sur les questions de sécurité », a-t-il ajouté ». « Le monde a de plus en plus recours au nucléaire. Et les énergies renouvelables, comme l’hydroélectricité et l’énergie éolienne, ne font pas non plus l’unanimité. Il faut par conséquent bien peser les arguments en jeu, parce que le besoin d’énergie ira grandissant. Et l’accord auquel l’Alliance est parvenue en faveur du nucléaire sera maintenu, même si nous devons bien sûr faire preuve d’humilité, et tout mettre en œuvre pour mettre l’accent sur la sécurité et la préservation de l’environnement ».

Modifié le 14/03/2011

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