Crise économique et financière

0La bourse de Stockholm continue sa descente, avec une baisse de 2.4% hier, portant le cumul à -22.9% depuis le début de l’année. La plupart des experts interrogés par le journal regardent l’avenir avec pessimisme et estiment qu’il faut "cesser de prendre pour acquis le fait que les cours des actions montent. La période boursière faste entre toutes, 1980-1999, est bel et bien révolue".

"La crise impactera, avec un certain décalage dans le temps, une économie suédoise très tournée vers l’exportation. Et ces effets risquent du durer", s’inquiète le journaliste économique de SvD. De fait ; "les prévisions de croissance suédoises doivent être revues à la baisse", écrit Dagens Nyheter. Le syndicat patronal Svenskt Näringsliv craint pour sa part que "la croissance de 2012 n’atteindra pas la moitié du chiffre "très optimiste" de 4% prévu par le gouvernement". La plupart des experts tablent sur "une croissance d’environ 4% pour 2011 et de 2.5% pour 2012". « Nous devrons bien évidemment réviser à la baisse nos prévisions de croissance », a indiqué ce matin, au cours d’une conférence de presse, le Ministre des Finances Anders Borg. « C’est le niveau de la dette italienne et américaine qui est tout particulièrement inquiétante, et le processus qui conduit à un assainissement des finances publiques est particulièrement lent. Cette inquiétude a des conséquences sur l’économie suédoise, même s’il existe une forte demande pour nos produits, et pas uniquement en Asie », a déclaré M. Borg.

Quelles seront les conséquences de ce ralentissement économique ? Si Stefan Löfven, président du syndicat Metall, affirme que "a crise n’aura pas d’influence sur les négociations des conventions collectives", arguant que le syndicat a une "vue à plus long terme que le yo-yo boursier ", Svenskt Näringsliv ne partage pas ce point de vue et estime que "la crise finira par avoir une influence sur les salaires, même en Suède"

Pour s’en sortir, " il faut rendre la Suède plus compétitive" estime Håkan Juholt dans une tribune publiée dans Dagens Industri. Pour lui, il y a des terrains sur lesquels la Suède "ne peut pas lutter", comme les bas salaires ou les conditions de travail, en particuliers face aux pays émergents tels que le Brésil, la Chine, l’Inde, la Russie, mais aussi la Malaisie ou le Vietnam. "Il faut donc affûter nos propres armes, développer une économie basée sur les connaissances, encourager l’innovation, la qualité." Le leader des sociaux démocrates estime qu’il est également primordial d’avoir une bonne représentation diplomatique à l’étranger, surtout dans les "pays-cibles" : "c’est notre force de promotion, nous souhaiterions même la renforcer".

Modifié le 11/08/2011

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