Commentaires sur l’Egypte et la position de l’UE

« La journée de mardi sera décisive » rapporte l’ensemble de la presse. Pour Expressen, l’opposition a « jusqu’à présent, agit intelligemment, reste à savoir si elle est capable d’encadrer ses sympathisants ». Dagens Nyheter (DN) relève que les Frères musulmans « ne cachent plus leur ambition politique » ce qui pose problème au reste de l’opposition, moins bien organisée, et sans leader véritable, constate le quotidien qui s’interroge sur la stratégie de l’armée, que cette dernière « n’a pas encore véritablement dévoilé ».

En outre, Dagens Nyheter déplore « l’insupportable prudence de l’UE », qui « n’a réagit que de manière vague et disparate ». Toutefois, la déclaration, suite au Conseil Affaires étrangères « dessine enfin une position commune ». « Les ministres ont cependant évité d’évoquer ouvertement le départ de Moubarak », remarque le journal. « Cela reviendrait à remplacer Moubarak par son Vice-président, Suleiman, ce qui ne réglerait pas le problème », estime Carl Bildt. Et d’ajouter : « Nous ne soutenons pas les individus, que je sache. Les Égyptiens ont besoin d’élections libres et justes ». Le ministre suédois a également confié à la télévision que ceux qui estiment que l’Europe doit exiger ouvertement le départ immédiat du Président égyptien « n’ont pas réfléchi suffisamment ». Et d’ajouter que « les possibilités d’influence de l’UE en Égypte sont assez limitées » : « Nous pouvons certes exprimer notre opinion. Nous constituons un acteur politique étranger de poids, mais c’est au peuple égyptien de choisir lui-même sa propre voie ».

La presse rapporte également que plusieurs ministres européens ont exprimé hier leur inquiétude quand à une éventuelle prise de pouvoir par les islamistes à l’occasion des évènements actuels. Les ministres craignent que « Égypte ne devienne la nouvelle Iran ». Toutefois, Bildt ne croit pas en un tel scenario  : « les parties islamistes de cette région sont affaiblis », estime-t-il.
De plus, Bildt est critiqué pour sa « lâcheté » par certains commentateurs qui estiment qu’il « ne défend pas suffisamment la liberté et la paix dans toutes les régions du monde » (DN).

Enfin, le ministère des Affaires étrangères a décidé de renforcer les effectifs de sa représentation au Caire. Des membres de la force d’intervention rapide, mise en place après le tsunami, devrait rapidement arriver en renfort. Jusqu’à présent, environ 8 000 Suédois ont été évacués par les voyagistes. Pour DN, « les touristes ne doivent pas oublier que ce l’Etat n’est pas responsable de leur destination », ce n’est donc « pas au Ministère d’organiser des rapatriements ».

Modifié le 01/02/2011

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