Allemagne : abandon du nucléaire

0« Une décision embarrassante », c’est ainsi que Dagens Nyheter (DN) qualifie l’annonce par le
gouvernement allemand de fermer ses réacteurs nucléaires à l’horizon 2022
. Le quotidien salue la
critique du ministre suédois de l’Environnement. Ce dernier a en effet déclaré que l’abandon
du nucléaire par l’Allemagne « laissait songeur, la plus grande question étant maintenant de
savoir comment le pays va atteindre ses objectifs de réduction du changement climatique en
recourant aux énergies fossiles
(..). De plus, si l’Allemagne est alors contrainte de changer
ses objectifs, toute l’Europe sera touchée, ce qui serait extrêmement malheureux ». « Cette
décision n’a pas de conséquence sur la politique suédoise » a ajouté le ministre. Une « déclaration
sensée » selon DN, d’autant que « le nucléaire d’aujourd’hui et de demain n’ont rien à voir avec le
nucléaire d’hier et permettra un approvisionnement énergétique plus sur et en faveur de
l’environnement ». Le Premier ministre, Fredrik Reinfeldt, a brièvement commenté cette décision,
indiquant que « si elle impliquait un recours plus important à l’énergie fossile, l’UE n’atteindra
pas ses objectifs en matière de diminution de GES
 ».

Svenska Dagbladet (SvD) considère cette décision comme « catastrophique : le prix de
l’électricité va grimper, l’industrie sera frappée alors que l’Allemagne est le moteur
économique de l’Europe et l’environnement ne s’en portera pas mieux
 ! » prédit le quotidien
conservateur. L’ensemble de la presse souligne d’ailleurs que les prix de l’électricité pourraient
augmenter en Suède également. La compagnie Vattenfall, qui possède des centrales en
Allemagne, a refusé de commenter l’annonce. Dagens Industri (DI) met en avant le caractère
« historique » de la décision : « l’Allemagne est le premier pays industrialisé à abandonner le
nucléaire
 ». L’approvisionnement en énergie du pays sera désormais « plus vulnérable » relève le
quotidien économique, qui souligne la « dimension européenne » de la décision.

Enfin, l’une des nouvelles porte-parole des Verts, Åsa Romson, a adressé « au gouvernement
allemand toutes ses félicitations
et celles de son parti ». « Comme leader industriel, l’Allemagne
a désormais la possibilité de montrer la voie en matière d’énergie éolienne et solaire ». Le
tabloïde Aftonbladet défend également l’annonce allemande. Selon lui, « Merkel, qui suit la
volonté exprimée par l’opinion publique allemande, est en avance sur les autres pays
occidentaux » et la Suède « devrait applaudir au lieu de critiquer ».

Modifié le 31/05/2011

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