A Paris, les négociations sur le climat entrent dans « la semaine de l’espoir » (8 décembre 2015) [sv]

A Paris, les négociations sur le climat entrent dans « la semaine de l’espoir ». C’est ainsi que Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, a qualifié la deuxième semaine de négociations de la COP21 à Paris. La 1ère semaine a permis la rédaction de projets de conclusions. Il s’agit désormais d’organiser le travail selon 4 groupes - différentiation, ambitions, moyens de mise en place et actions pre-2020 - afin de parvenir à l’élaboration d’un accord dès mercredi, pour une adoption vendredi 12 décembre. Laurent Fabius insiste sur la détermination et sur la bonne volonté au sein de chacune des délégations : cet état d’esprit positif devrait permettre d’obtenir un accord très attendu au terme de la semaine.

Le Bourget, 7 décembre 2015

Seul le prononcé fait foi

"Monsieur le Secrétaire général des Nations Unies,
Monsieur le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies,
Monsieur le Président du GIEC,
Madame la Secrétaire exécutive,
Mesdames et Messieurs les ministres,
Mesdames et Messieurs les négociateurs,

Ce matin s’ouvre pour la COP 21 la semaine de l’espoir. Elle a été préparée par les travaux de la semaine dernière. Elle doit se conclure, j’y reviendrai, vendredi. L’objectif et l’exigence sont clairs : un accord universel.

Lundi dernier, 150 chefs d’Etat et de gouvernement sont venus dire ici même leur engagement au service de notre planète. Dans cette salle et dans la salle voisine, tous nous ont confié un mandat clair : il faut réussir. Dans nos travaux, nous devrons garder à l’esprit cette exigence de succès.

A partir de cette impulsion politique forte et inédite, les négociations du groupe de la plateforme de Durban, le groupe ADP, ont repris leur cours. J’avais demandé que me soit remis, samedi 5 décembre, un projet de texte. Nous l’avons. Nous pouvons en remercier chaleureusement les co-présidents, leurs co-facilitateurs, et tous ceux qui y ont travaillé. Nous leur devons aussi, car c’est l’initiative de notre ami Ahmed Djoghlaf, les pommes de Moselle que vous trouverez devant vous et qui ont été marquées à l’effigie de la COP 21 selon un procédé naturel.

Le projet d’accord sur lequel nous travaillons désormais est un peu plus court que le texte de lundi dernier, à l’entrée de la COP. Il contient un peu moins d’options. Les solutions se dessinent plus nettement. C’est le résultat du travail réalisé depuis le 30 novembre, qui s’appuie sur toutes les discussions engagées depuis la conférence de Durban en 2011.

Les négociateurs ont donc travaillé intensément, et je les en remercie. Je salue particulièrement les petites délégations, sur lesquelles cet effort pèse plus lourdement que sur les autres. J’ai entendu leur message : je veillerai autant que possible à éviter cette semaine une multiplication excessive des sessions parallèles.

Mesdames et Messieurs les ministres, nous entrons avec vous dans la dernière étape du processus ouvert en 2011 à Durban. Le temps des décisions est venu sur ce défi universel, essentiel, existentiel même, qu’est le réchauffement du climat. Et c’est à vous qu’il appartient de prendre ces décisions. Vous êtes des « responsables politiques », c’est-à-dire que vous êtes chargés d’apporter des « réponses ». Je souhaite que grâce à vous, l’impulsion politique nécessaire permette de trouver des réponses aux points politiques qui restent encore à résoudre.

Notre temps est très limité. L’accord que nous devons obtenir doit en effet être formellement adopté le dernier jour de notre Conférence, vendredi 11 décembre, mais, en raison des contraintes procédurales que vous connaissez, cela nous impose d’aboutir en réalité jeudi.

C’est pourquoi nous devons – nous tous, ministres, chefs de délégation, négociateurs, présidence – dégager rapidement une vision politique partagée sur les compromis possibles et la traduire dans des formulations juridiques précises. Samedi, devant la session plénière de la Conférence des Parties, j’ai proposé une méthode de travail permettant d’avancer sur ces deux plans, qui a été approuvée.

Afin d’assurer l’unité de nos travaux et d’en garantir à la fois la transparence et l’inclusivité, j’ai proposé – et les Parties ont bien voulu l’accepter – de constituer une instance unique, ouverte à tous, afin de mener des consultations informelles. Ce « Comité de Paris » se réunira sous ma présidence au moins une fois par jour, il permettra aux Parties de disposer d’une vue d’ensemble sur les discussions en cours. Ses débats seront retransmis sur les écrans du site de la Conférence.

J’ai demandé également à 14 collègues ministres représentatifs de l’ensemble des groupes de négociation de conduire au nom de la Présidence des consultations informelles. La proposition a été acceptée que nous commencions par traiter quatre des points les plus délicats : la différenciation, les moyens de mise en œuvre, le niveau d’ambition de l’accord et les actions à mener avant 2020. Sur ces quatre thèmes, les discussions ont commencé hier après-midi. J’ai élargi l’équipe de ministres facilitateurs pour pouvoir accorder une attention particulière à des sujets importants : l’adaptation, le préambule, et tout autre thème sur lequel ce sera nécessaire. Je proposerai ce soir que le travail s’engage sur certains de ces sujets. Si les parties en sont d’accord, notre objectif devrait être de pouvoir disposer mercredi d’une première vision d’ensemble de l’accord final.

Nous avons proposé cette organisation pour être efficaces et rester à la disposition des orientations des parties. Je reste bien sûr à l’écoute de vos préoccupations et de vos suggestions.

Ces points de méthode sont importants, car ils conditionnent la qualité de nos discussions et donc la possibilité de parvenir à un accord. Pour autant, au-delà de ces questions, nous ne devons jamais perdre de vue l’essentiel : l’enjeu de cette Conférence, c’est la vie même sur notre planète – la nôtre et celle des générations futures. C’est pourquoi un accord est vital.

Au cours de cette année 2015, avec le programme d’action d’Addis-Abeba, les Objectifs de Développement Durable, les 185 contributions nationales déposées à ce jour, nous avons créé les conditions d’un tournant vers un monde plus durable et plus juste. Nous devons, à Paris, y apporter la touche décisive en adoptant un accord climatique universel.

Mesdames et Messieurs, chers collègues,

Je compte sur votre engagement en ce sens. Nous pouvons et nous devons réussir. Notre boussole doit être la recherche du consensus. Comme Président de cette Conférence, j’y mettrai comme chacun de vous toute ma conviction, mon expérience et ma détermination. Merci."

Source : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/politique-etrangere-de-la-france/climat/paris-2015-cop21/actualites-et-evenements-lies-a-paris-climat-2015/article/cop21-le-temps-des-decisions-est-venu-intervention-de-laurent-fabius-au-segment

Modifié le 14/12/2015

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